Qui peut être parrain ou marraine au baptême catholique ?


Il y a ce moment, dans une famille, où tout le monde se tourne vers vous.

Votre sœur vient de vous appeler. Elle attend un enfant. Et elle vous demande, d’une voix douce et émue, d’être la marraine. Vous ressentez quelque chose de chaud dans la poitrine. Une fierté. Une tendresse. Peut-être aussi une légère inquiétude.

Suis-je vraiment la bonne personne pour ça ?

C’est une question belle. Et honnête.

Parce que le rôle de parrain ou de marraine dans l’Église n’est pas une simple formalité. Ce n’est pas un titre honorifique que l’on reçoit parce qu’on est le plus proche, le plus généreux ou le plus aimé de la famille. C’est une vocation. Un engagement spirituel réel, pris devant Dieu et devant l’Église.

Alors, qui peut vraiment endosser ce rôle ? L’Église a posé des conditions claires — non pas pour exclure, mais pour protéger ce que le baptême porte en lui.


Ce que l’Église demande réellement

Le droit canonique, dans ses canons 872 à 874, précise les conditions requises pour être parrain ou marraine au baptême catholique.

Ce ne sont pas des règles arbitraires.

Elles naissent d’une conviction profonde : le parrain ou la marraine est appelé à accompagner l’enfant sur le chemin de la Foi. À lui montrer, par sa propre vie, ce que signifie suivre Jésus. C’est un témoin vivant de l’Évangile.

Pour assumer cette mission, l’Église demande que la personne choisie :

  • Soit baptisée catholique et confirmée. La confirmation achève l’initiation chrétienne. Celui qui accompagne un autre dans la Foi doit lui-même avoir reçu les Sacrements de l’initiation.
  • Ait au moins 16 ans — sauf dérogation accordée par le curé, pour une juste raison.
  • Ne soit pas le père ou la mère de l’enfant. Les parents ont leur propre rôle. Le parrain et la marraine en ont un autre, complémentaire.
  • Mène une vie conforme à la Foi catholique. Ce n’est pas un jugement. C’est une cohérence : on ne peut témoigner de ce que l’on n’a pas.
  • N’ait pas fait l’objet d’une sanction canonique. C’est une condition qui touche des situations très rares, mais réelles.

Une seule personne suffit — un parrain ou une marraine. Mais l’Église admet également un couple formé d’un parrain et d’une marraine, pourvu qu’ils ne soient pas mariés ensemble sans être en situation matrimoniale régulière.


Un rôle spirituel, pas un rôle social

Il faut s’arrêter ici un instant.

Dans beaucoup de familles, le choix du parrain ou de la marraine répond surtout à des logiques affectives ou sociales. On choisit la meilleure amie, le frère aîné, la cousine préférée. Et il n’y a rien de mauvais dans cela — la tendresse humaine est bonne.

Mais l’Église pose une question plus profonde : cette personne pourra-t-elle accompagner cet enfant dans sa vie de Foi ?

« Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. » — Matthieu 28, 19-20

Ce commandement de Jésus s’adresse à toute l’Église. Et le parrain ou la marraine en est, à sa mesure, le relais vivant auprès de l’enfant baptisé.

Il n’est pas là pour offrir de beaux cadeaux à chaque anniversaire — même si c’est touchant.

Il est là pour prier. Pour transmettre. Pour être, au fil des années, une présence dans la Foi qui rappelle à l’enfant devenu adolescent, puis adulte : tu as été baptisé. Tu portes la Grâce. Tu es aimé de Dieu.

C’est immense. Et cela mérite d’être pris au sérieux.


Quand la situation est délicate

Parfois, la personne que l’on souhaitait choisir ne remplit pas toutes les conditions.

Elle n’est pas confirmée. Elle vit une situation matrimoniale irrégulière. Elle s’est éloignée de la pratique depuis de longues années.

Que faire ?

La première démarche est toujours d’en parler avec le prêtre ou le diacre qui prépare le baptême. L’Église n’est pas rigide. Elle est mère. Elle cherche à discerner avec vous, dans la vérité et dans la bienveillance.

Dans certains cas, une personne qui ne remplit pas les conditions peut être acceptée comme témoin du baptême — non comme parrain ou marraine au sens canonique, mais comme signe de l’affection de la famille.

C’est une nuance importante. Et c’est une porte ouverte.

Voici quelques pas concrets si vous êtes dans cette démarche :

  • Rencontrez le prêtre ou le diacre en avance. Ne laissez pas cette question au dernier moment. La préparation au baptême est un temps précieux.
  • Posez la question honnêtement. « Puis-je être parrain/marraine ? » est une belle question à oser. Elle montre votre sérieux.
  • Si vous êtes le parrain ou la marraine désigné(e), demandez-vous comment vous pouvez raviver votre propre Foi. Ce rôle peut être une invitation à revenir à la Prière, aux Sacrements, à l’Église.
  • Pensez à l’enfant sur le long terme. Quel adulte voulez-vous être pour lui dans dix, vingt ans ?
  • Rappelez-vous que personne n’est parfait. L’Église ne cherche pas des saints accomplis, mais des personnes sincèrement engagées.

Le baptême n’est pas un beau jour de photos.

C’est le jour où une âme entre dans la vie de Dieu, pour toujours.

Et le parrain ou la marraine est appelé à marcher à côté d’elle — avec fidélité, avec amour, avec Foi.


Seigneur, Que ceux qui accompagnent ces enfants vers Toi soient eux-mêmes touchés par Ta Grâce. Fais de chaque baptême une renaissance — pour l’enfant, et pour ceux qui le tiennent dans leurs bras. Amen.

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Auteur/Autrice

Soraya Kouame